Cultiver un potager

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Cultiver un potager

Cultiver son propre potager de manière durable, même sur quelques mètres carrés, apporte une grande satisfaction personnelle à beaucoup de jardiniers : produire une partie de sa nourriture, cuisiner des produits sains pour soi et pour sa famille, acquérir des connaissances et un savoir-faire, cultiver des variétés originales ou oubliées, économiser le prix des légumes achetés dans le commerce...

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes nombreux, chaque année, à tenter l’aventure et à devenir jardinier ! Vous trouverez dans cette rubrique des informations et des conseils pratiques pour faire rimer plaisir et jardin durable !

Prendre en main une parcelle

C’est décidé, vous vous lancez dans votre premier potager ! Partez sur de bonnes bases et évitez les plus grosses erreurs. C’est aussi cela, jardiner de manière « durable » !

Observez avant d’agir

Observez votre environnement

L’environnement, c’est bien sûr le jardin mais aussi les environs. A l’échelle d’une commune, d’un quartier et même d’un jardin, des différences existent, en termes de température, d’ensoleillement, de pluviométrie parfois. On prend souvent peu de soin à déterminer les microclimats favorables ou défavorables alors qu’ils sont essentiels à la culture d’un potager. A quelques mètres de distance, une plante peut se plaire ou dépérir en raison des variabilités climatiques locales. A l’échelle de la Métropole, les arbres fleurissent plusieurs jours plus tôt, au printemps, dans les vallées que sur le plateau. De même, la végétation en ville est en avance par rapport à la campagne environnante. Cela est dû à une différence atteignant 3°C en moyenne entre ces différentes situations. La ville et la vallée sont plus chauds et plus secs que les plateaux environnants.

Liseron
Liseron

Un bon moyen d’identifier les microclimats de votre jardin est d’observer les gelées blanches. Lorsque la température s’abaisse, notez les endroits où la gelée se forme en premier. Ce sont certainement les endroits les plus froids du jardin. Vous pouvez également observer les déplacements de feuilles mortes qui matérialisent les courants d’air. Le vent les élimine des parties les plus ventées pour les accumuler dans les lieux moins exposés, lieux qui formeront des emplacements privilégiés pour les cultures fragiles.

Observez ce qui pousse dans votre jardin

Les plantes poussant spontanément dans votre jardin, que ce soient des « mauvaises herbes » ou pas, peuvent être de précieuses indicatrices. Certaines plantes sont en effet liées à des facteurs particuliers (souvent l’humidité et l’acidité du sol). La présence spontanée d’une telle plante dans votre jardin suggère donc, selon les cas, qu’il est plutôt acide, frais, sec…C’est la raison pour laquelle ces plantes sont parfois appelées plantes indicatrices. Par exemple, la présence d’ortie, de liseron des haies ou de chénopode indique un sol particulièrement riche en azote, alors que celle de chiendent ou de chardon annuels laisse à penser que le sol est plutôt sec.

Orties
Orties

L’observation de votre jardin peut également vous permettre, si celui-ci a déjà été cultivé, d’y découvrir des richesses insoupçonnées, invisibles en hiver : un pied de rhubarbe, une touffe de menthe, des lys…

Observez votre terre pour la travailler en conséquence

Il est important de « connaître » sa terre, afin de pouvoir la rendre productive tout en respectant sa structure complexe. En fonction de la localisation de votre jardin sur le territoire de la Métropole, il est possible de réaliser une première prévision sur la nature de votre sol.

  • Dans la vallée de la Seine : sols plutôt sableux, légers, secs, chauds, acides.
  • Dans les petites vallées et au pied des coteaux : sols souvent argileux, lourds, calcaires ou neutres.
  • Sur les plateaux : sols limoneux, plutôt lourds, froids, ni calcaires, ni acides.

Quelques tests simples doivent ensuite venir compléter ces conclusions pour appréhender plus finement la composition de votre terre, sa capacité de rétention de l’eau…Un des tests les plus simples à réaliser est le test du « boudin ». Prenez une petite poignée de terre humide et malaxez-la un peu dans le creux de la main afin de l’assouplir. Roulez-la entre vos paumes afin d’en façonner un boudin de la taille d’un doigt. Courbez ensuite délicatement ce boudin pour en faire un anneau :

  • Boudin impossible à constituer ou se brisant au quart de la fermeture : la terre contient moins de 15 % d’argile. Votre terre est certainement légère, contenant beaucoup de sables et un peu de limons. N’hésitez pas à pailler. Apportez du compost à volonté. En cas de sécheresse, vous devrez arroser fréquemment. Une terre légère se réchauffe rapidement au printemps et permet de récolter plus tôt.
  • Anneau se brisant à la moitié de la fermeture :la terre contient 20 % d’argile, un peu de sable et une bonne proportion de limons. Préparez le terrain en fin d’hiver. Paillez certaines parcelles. Alternez apports de compost et apports de fumier.
  • Anneau complet réalisable : la terre contient plus de 35 % d’argile. C’est une terre glaise, lourde, ou « terre à poterie ». Vous n’y toucherez pas lorsqu’elle est humide. Vous la travaillerez à l’entrée de l’hiver en laissant de grosses mottes (le gel désagrégera celles-ci). En été, vous n’aurez pas besoin d’arroser souvent. Cette terre est a priori fertile, mais elle a du mal à se réchauffer au printemps. Vous la réveillerez avec un apport de fumier sur une partie de la surface. Cela active les micro-organismes.

Préparez le terrain

Trouvez le bon emplacement et la bonne surface

Potager
Potager

Les meilleures caractéristiques pour un potager sont un terrain ensoleillé, plat et abrité du vent. Evitez donc l’ombre des grands arbres, qui de surcroit rendraient difficile le bêchage en raison de leur réseau racinaire dense. La surface de votre potager quant à elle doit être adaptée à vos besoins…et à vos capacités. Si votre potager est trop grand, vous risquez d’être débordé par le développement des « mauvaises herbes ». Une petite surface suivie avec rigueur peut être plus productive qu’une grande surface négligée par manque de temps. Même sur 10m2, vous pourrez trouver du plaisir à jardiner et récolter des laitues, tomates, herbes aromatiques, radis et quelques courgettes !

Défrichez et préparez l’emplacement choisi

fleurs
Fleurs

Après avoir arraché à la pioche les éventuels arbres ou arbustes, plusieurs solutions existent pour se débarrasser du gazon en place. La solution la plus rapide mais la plus fastidieuse consiste à enfouir l’herbe à l’aide d’un motoculteur. Cela permet de mettre en culture rapidement la parcelle défrichée.

Vous pouvez également couvrir en septembre / octobre la parcelle à défricher avec une veille bâche, des cartons, de la moquette…et laisser le temps travailler ! L’herbe, privée de lumière, dépérira et sera digérée par les vers de terre, les bactéries et tous les micro-organismes présents dans le sol. Après 5 à 6 mois, l’herbe aura disparu et votre terre pourra être travaillée. Il ne vous restera plus qu’à ameublir la terre à l’aide d’une biobêche ou d’une fourche. Retirez les plus grosses racines ainsi que les cailloux supérieurs à 2 cm. Une bonne terre comporte des petites mottes, des pores, des galeries de vers et aussi des petits cailloux. Le tamisage est inutile et empêche l’infiltration de l’eau. Dans l’année qui suit ce premier bêchage, contentez-vous de griffages. Cela permet de préserver la richesse et la structure du sol. Finissez le travail en nivelant votre terrain à l’aide d’un croc ou d’un râteau. Vos premières cultures peuvent dès lors être implantées !