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Portrait de sept femmes qui se sont battues pour les droits des femmes

La date du 8 mars est retenue par Lénine, qui décrète en 1921 la Journée internationale des femmes en honneur aux femmes qui ont été les premières à manifester le 8 mars 1917 à Pétrograd, lors du déclenchement de la révolution russe. Cette célébration s'étend alors à l'ensemble des pays de l'ancien bloc de l'Est et après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.

En 1977 la journée est officialisée par les Nations unies, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes. La journée de la femme c'est une journée de manifestations à travers le monde : l'occasion de revendiquer l'égalité et de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des manifestations partout dans le monde, pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la condition féminine, fêter les victoires et les avancées.

A cette occasion, pour l'année 2014 la Métropole met à l'honneur dans les écrans de son réseau Métrobus le portrait de sept femmes de l'histoire française qui se sont battues pour les droits des femmes : Olympe de Gouges, Flora Tristan, Louise Michel, Hubertine Auclert, Simone de Beauvoir, Simone Veil et Yvette Roudy.

Olympe de Gouges


Olympe de GougesFemme de lettres française, devenue femme politique et polémiste. Elle est considérée comme une des pionnières du féminisme. Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne présentée à l'Assemblée nationale le 28 octobre 1791, elle réclamait déjà l'égalité entre les sexes, la femme devant être considérée comme une citoyenne, à l'égal des hommes. Elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l'abolition de l'esclavage des Noirs, elle est souvent prise pour emblème par les mouvements pour la libération des femmes. Plusieurs municipalités françaises ont rendu hommage à Olympe de Gouges en baptisant de son nom des établissements scolaires ou des voies publiques, des bâtiments publics portent également son nom (dont une salle de conférence à l'université du Havre).

Flora Tristan


Flora TristanSouvent considérée comme une des premières féministes. Écrivaine, ouvrière militante, fille rejetée, mère battue, elle semble avoir vécu et couvert toutes les facettes de la condition féminine dans ce qu'elle a de plus dur. Parfois occultée par ses camarades masculins (Proudhon p.ex.), elle apparaît de nos jours, de plus en plus, comme une figure majeure des luttes de la classe ouvrière et pour la condition féminine partout dans le monde. Ouvrière dans les filatures, les imprimeries mais aussi femme de lettres, militante socialiste et féministe, Flora Tristan est l'une des figures majeures du débat social dans les années 1840. Son ouvrage majeur sera publié après sa mort par son ami Éliphas Lévi, sous le titre L'Émancipation de la Femme ou Le Testament de la Paria.

Louise Michel


Louise MichelInstitutrice, militante anarchiste, franc-maçonne, aux idées féministes, elle est l'une des figures majeures de la Commune de Paris. Elle s'est toujours révoltée pour défendre les travailleurs, lutter contre les injustices faites aux femmes et s'élever contre le colonialisme. En septembre 1852, à 22 ans, elle crée une école libre. Grande féministe dans l'âme, elle veut absolument que les filles aient une aussi bonne éducation que les garçons, elle veut tout leur enseigner : les mathématiques, le théâtre, les sciences naturelles et même l'éducation sexuelle ! Alors qu'à l'époque on leur apprenait surtout les travaux d'aiguille et le catéchisme. Figure légendaire du mouvement ouvrier, porte-drapeau de l'anarchisme, elle fait se déplacer les foules. Militante infatigable, ses conférences en France, en Angleterre, en Belgique et en Hollande se comptent par milliers. Quand elle meurt le 9 janvier 1905, son enterrement est suivi par une foule de cent mille personnes. Plusieurs rues (et le grand square sous le Sacré-Coeur, à Paris), d'écoles, de lycées, de centres sociaux, partout en France, sont baptisés Louise-Michel. Elle est même la seule femme à avoir une station de métro qui porte son nom.

Hubertine Auclert


Hubertine AuclertElle est considérée comme une figure centrale dans l'histoire du mouvement des droits des françaises, très engagée elle devient semble-t-il la première militante française à se déclarer « féministe ». À la fin du XIXème siècle, elle se bat pour le droit de vote, mais elle exige également pour les femmes le droit de se présenter aux élections en arguant que les lois injustes n'auraient jamais été votées si les voix des législatrices avaient été prises en compte. En 1881, elle lance la Citoyenne, un journal qui, plaidant avec force pour la libération féminine. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris, la sculpture sur son tombeau commémore « le Suffrage des Femmes ».

Simone de Beauvoir


Simone de BeauvoirPhilosophe, romancière, épistolière, mémorialiste et essayiste française. Théoricienne importante du féminisme, elle a participé au mouvement de libération des femmes dans les années 1970. Elle écrit le fameux essai existentialiste et féministe « Le Deuxième Sexe ». Référence de la philosophie féministe, le credo qui paraît en filigrane tout au long des pages est bien qu'aucune femme n'a de destin tout tracé. Simone de Beauvoir soutient que l'émancipation féminine réussira grâce à la volonté solidaire des hommes et des femmes. Elle rédigera le manifeste des 343, pétition française pour la dépénalisation et la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) parue le 5 avril 1971 dans le no 334 du magazine Le Nouvel Observateur avec la signature des 343 françaises qui ont le courage de manifester « Je me suis fait avorter », s'exposant ainsi à des poursuites pénales pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement.

Simone Veil


Simone VeilRescapée de la Shoah, elle entre dans la magistrature comme haut fonctionnaire jusqu'à sa nomination comme ministre de la Santé, en mai 1974. À ce poste, elle fait notamment adopter la « loi Veil », promulguée le 17 janvier 1975, qui dépénalise le recours par une femme à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). De 1979 à 1982, elle est la première femme à présider le Parlement européen élu au suffrage universel. Elle est ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Édouard Balladur, puis siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Élue à l'Académie française le 20 novembre 2008, elle est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010. Cinq écoles et collèges en France portent son nom.

Yvette Roudy


Yvette RoudysFemme politique française ayant soutenu la cause féministe, traductrice et auteure de plusieurs livres sur la condition féminine, elle fonde en 1965 un journal bi-mensuel « La femme du XXe siècle ». Elle milite sérieusement dans le Mouvement Démocratique Féminin (MDF) et engage une carrière politique la conduisant enfin à être nommée la première ministre des Droits des femmes, sous François Mitterrand (1981-1986). Yvette Roudy est ainsi rédactrice de la première loi sur la parité et l'égalité professionnelle (13 juillet 1983) et elle est également à l'origine de la célèbre loi sur le remboursement de l'IVG (31 décembre 1982). Durant son ministère, elle aura promulgué pas moins de six lois contre l'inégalité des sexes.